La freecard est simple à définir : Cest la carte distribuée après que tous les joueurs aient checké sur le flop ou sur le turn. On peut la prendre, loffrir et même tenter de lacheter.
Par yaf
La freecard est simple à définir : Cest la carte distribuée après que tous les joueurs aient checké sur le flop ou sur le turn. On peut la prendre, loffrir et même tenter de lacheter.
Prendre une freecard
La plupart du temps où lon permet une freecard (check!), cest parce quon estime que notre main nest pas la meilleure ou, à tout le moins, on en doute fortement. Cest donc dans notre intérêt de voir cette carte gratuitement puisquelle pourrait améliorer notre main. Ex. : Je suis dernier à parler avec une paire de 3 face à 3-4 adversaires sur un board QJ5. Je prends évidemment la freecard, souhaitant un 3.
Offrir une freecard
À linverse, lorsquon estime avoir la meilleure main, on ne donnera généralement pas de freecard afin déviter de se faire surpasser. Il y a 2 raisons pour lesquelles on donnerait une freecard quand on se croit en avance dans la main : pour tromper notre adversaire sur la force de notre main ou pour permettre à un adversaire daméliorer sa main sans que celle-ci ne surpasse la nôtre. Notez quoffrir une freecard est pratiquement lopposé du bluff.
Une importante lacune chez les joueurs débutants est daccorder trop de freecards et surtout, de les offrir au mauvais moment. Il y a des moments favorables pour pratiquer cette forme de slowplay, comme quand il y a peu ou pas de chances que notre main se fasse surpasser. Votre choix daccorder une freecard devrait être dicté par la texture du board (et, idéalement, en fonction des mains sur lesquelles vous mettez vos adversaires). Autrement dit, cest en fonction du nombre de cartes nuisibles présentes dans le jeu de cartes !
Ex 1 : AcAs sur un flop AhAd6d. Pour citer Phil Gordon : « Ma stratégie lorsque je flop un carré est extraordinairement simple : essayer de ne pas sourire et slowplayer, slowplayer, slowplayer ». Il ny a aucun danger à donner une freecard ici, alors joffre lopportunité à mes adversaires daméliorer leur main. Pensez à ce qui arrivera si le 3 de carreau tombe et quun de mes adversaires a une paire de 3 et quun autre vient de compléter sa flush-draw. Party time! Je sais que je rêve en couleur, mais au fond, nimporte quel carreau ou 3 devrait suffire à sabrer le champagne.
Ex2 : AsKd sur un flop Ad Tc 5c versus 3 adversaires. Je naccorderai jamais de freecard dans cette situation. Je ne veux pas voir apparaitre un trèfle au risque de compléter une flush adverse. Je ne veux pas donner une Queen ou un Jack pouvant compléter 2 paires (AQ, AJ) ou une suite (KQ, KJ). Je ne veux pas permettre à QJ de compléter sa gutshot en frappant un K qui me coutera cher. À la limite, jirais même jusquà dire que je ne veux pas donner la chance à une middle/bottom paire de frapper son brelan ou 2 paires. Bref, le ¾ des cartes du paquet risquent de membêter!
Note 1 : Les textures de flops les plus menaçantes sont constituées de cartes suited et connected près du Jack et du Ten. Ex : QsJs2c, JdTh5d, KhJd8h... Ces types de flops se raccordent à beaucoup de mains que vos adversaires jouent : 2 high-cards et les suited connector primés par vos adversaires. Prenez des mains du genre KQo, KJo, QJs, JTs, QTs, T9s, 98s et vérifiez ce quelles offrent sur des flops tels que les 3 qui viennent dêtre mentionnés.
Note 2 : Le nombre dadversaires dans la main multiplie limportance de la menace, bien sûr!
Achetez une freecard
Euh? Quel est le but dacheter quelque chose de gratuit? En fait, lidée derrière ce concept est de provoquer la freecard. Ex.: Supposons que vous avez une flush-draw au flop en Holdem Limit (où la mise double rendu au turn) et que vous êtes dernier à parler. Si vous relancez vos adversaires, il est possible quau turn ceux-ci checkent jusquà vous. Votre relance au flop vous a acheté une carte gratuite au turn. Et il vous en a couté moins cher que si vous aviez simplement callé le bet sur chaque street puisque votre relance au flop est plus petite que la mise (évitée) au turn !
On achète donc une freecard pour tenter une économie. Certains éléments sont requis pour acheter une freecard :
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Être sur un draw quelconque.
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Être sur le flop. (Au turn, vous achèterez un « free showdown »).
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Avoir la position (parler en dernier).
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Affronter un/des adversaires susceptibles de respecter notre raise (en checkant la plupart du temps sur la street suivante).
Au NL, vous devrez avoir de bonnes raisons de croire que votre raise sera plus petit que le bet auquel vous seriez confronté sur la street suivante. Ainsi, votre raise devrait souvent ressembler à un raise minimum. Mon impression est que lachat dune freecard est souvent mal utilisé, surtout au NL. Il implique certaines subtilités telles que votre image, le profil de vos adversaires, savoir bien doser le raise (ex : pour ne pas se retrouver commis au pot sur le turn), etc. Il ne faut pas en abuser, au risque dêtre reraisé ou de vendre la force de notre main. Par exemple, lorsque votre flush ne tombe pas sur le turn, que vous prenez la freecard et frappez votre flush sur la river, bien cette dernière est loin dêtre cachée!
En résumé, soyez prudent quant aux freecards que vous offrez. Si vous êtes dans le doute, il vaut mieux ramasser un petit pot que de risquer den perdre un gros. Cela dit, même les freecards intelligemment accordées sont parfois frustrantes !
Yannick Frenette / yaf
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