| Introduction à la théorie du jeu au poker |
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Dans mes chroniques précédentes, j’ai introduit quelques termes de base utilisés par les joueurs de poker. Ces termes incluaient l’équité, les cotes du pot, les probabilités, la gamme de mains, les combinaisons et les outs. J’espère que vous savez maintenant ce que signifient ces termes.
Le pionner dans l’application de la théorie du jeu au poker est l’ancien champion du monde Chris « Jesus » Ferguson. Chris vous dirait qu’il n’a pas appris le poker grâce à plusieurs années d’expérience en jouant dans des parties « de fond de ruelle », mais en travaillant une stratégie optimale avec un crayon et un papier. Les adversaires et les jetons n’étaient pas nécessaires. L’idée d’apprendre le poker sans y jouer peut paraître étrange. Peut-être cela pourrait aider si j’expliquais un peu plus ce en quoi consiste la théorie du jeu. Du point de vue d’un théoricien du jeu, la question de savoir comment jouer une main de poker est une question de mathématique, et il y a une solution correcte à ce problème. Les gens « anti-math » diront que vous devez jouer une main de différentes manières à une table afin de ne pas être trop prédictible et, donc, quiconque s’enferme dans une approche mathématique est voué à l’échec. Ce que ces gens oublient, c’est que la théorie du jeu permet justement aux joueurs de jouer une même main de façon différente dans ses solutions. En fait, il y a même un nom pour ça : ça s’appelle une stratégie balancée. Disons hypothétiquement que si tout le monde se couche devant vous et que vous êtes sur le bouton avec AJ, vous allez pousser votre tapis la moitié du temps, et vous coucher l’autre moitié du temps. C’est une stratégie balancée. Le contraire d’une stratégie balancée est une stratégie pure, auquel cas vous allez toujours faire la même chose avec la même main à chaque fois. Par exemple, si vous poussez votre tapis chaque fois que vous avez les as, vous jouez une stratégie pure avec cette main en particulier. La solution à un problème peut être autant une stratégie pure qu’une stratégie balancée. Le point est que la théorie du jeu permet l’idée que vous devez balancer votre jeu afin d’être gagnant. En fait, balancer votre jeu est beaucoup ce que la théorie du jeu veut analyser, comme nous le verrons plus loin. Il y a deux types de « bonnes » stratégies dans la théorie du jeu au poker. Il y a la stratégie optimale, et la stratégie exploitive. La stratégie optimale est celle qui est appliquée quand vous pouvez dire à votre adversaire ce que vous vous apprêtez à faire, et qu’il ne peut absolument rien faire pour changer votre expectative de profit. Bien sûr, vous ne pourriez pas lui dire quelles cartes vous avez quand vous jouez contre lui, mais vous pourriez dire, par exemple, « je vais te bluffer 40% du temps et faire une mise en fonction de la valeur de ma main (value bet) 60% du temps. Que vas-tu faire de ça? ». Une personne jouant une stratégie optimale et exécutant cette stratégie sans donner aucun tell ne pourrait pas être battue à long terme. Si vous jouez contre un tel adversaire en situation d’un contre un pour plusieurs milliers d’heures, le meilleur scénario sera que vous perdrez tout deux de l’argent au profit de la maison. Maintenant, vous vous dites sûrement « Parfait!, apprenons la stratégie optimale! ». J’aimerais que l’on puisse le faire, mais même si nous le pouvions, la stratégie optimale n’est pas toujours la meilleure. Disons que vous jouer une partie de Hold’em sans limites contre une calling station qui ne se couche jamais préflop, peu importe la taille de votre mise, mais qui va parfois se coucher sur le flop s’il n’a absolument rien. Il insiste tout simplement pour voir chacun des flops. Maintenant, disons que vous avez deux as, et que vous avez chacun quelques milliers de blinds devant vous. La stratégie optimale est probablement de faire une petite relance, faisant ainsi grossir le pot et déguisant ainsi votre main. Mais contre un tel joueur, le meilleur jeu serait de pousser votre tapis, en sachant qu’il appellera votre mise. Pour prendre le maximum davantage contre un joueur aussi terrible, vous devez utiliser une stratégie exploitive. Bien sûr, la stratégie optimale vous fera gagner de l’argent, mais contre de mauvais joueurs, une autre stratégie pourra vous en faire gagner encore plus, comme dans l’exemple que je viens de donner. Une stratégie optimale est désignée à vous protéger contre un adversaire qui joue bien. Mais quand vous pouvez trouver une façon de faire mieux que la stratégie optimale contre certains joueurs, faites-le. Ok, je vous ai donné un cadre de base concernant la théorie du jeu au poker. Comment cela fonctionne-t’il à la table? Et bien, pour ceux qui commencent, demandez-vous si les jeux que vous faites de façon routinière peuvent être exploitables par vos adversaires qui vous observent. Par exemple, en Hold’em sans limites, est-ce que vous ouvrez toujours avec une relance de 6-7 fois le big blind? Quand vous faites cela, est-ce que vous avez toujours une main spécifique, ou vous avez une gamme de main très réduite? Dans mon expérience, les gens qui ouvrent avec une mise très grosse en Hold’em sans limites ont habituellement toujours une paire moyenne (du 9 aux dames) ou AK. C’est le genre d’information que je peux utiliser pour exploiter un adversaire qui fait ce genre de jeu. Disons, par exemple, que je reçois une paire de huit et que mon tapis est plutôt petit. Si quelqu’un ouvre avec une mise standard avec une paire de dix, je vais probablement pousser mon tapis, et ma mise sera appelée… et j’y perdrais habituellement tous mes jetons. Mais si quelqu’un ouvre toujours la mise avec une relance énorme quand il a une paire de dix, je vais simplement coucher ma main, et il aura manqué une belle occasion de faire grossir son tapis. Ok, maintenant, vous en savez un peu plus sur la théorie du jeu. Dans les prochaines chroniques, nous regarderons ce que nous enseigne cette théorie du jeu d’un point de vue pratique. Des questions ou des commentaires sur cet article? Cliquez ici. |