Dans un de mes derniers articles, jai fait une introduction à la théorie du jeu et la façon quelle sapplique au poker. Maintenant, jaimerais regarder une situation particulière de holdem sans limite et en discuter à la façon dun théoricien.
La plupart des stratégies de poker essayent de répondre à la question « comment est-ce que je joue cette main ? ». Le théoricien, lui, se demande « comment est-ce que je joue au poker? ». La distinction entre ces deux questions peut être difficile à saisir au départ, mais cela représente deux approches très différentes. Je vais vous lillustrer avec un exemple.
Vous jouez une partie de Holdem sans limite avec des blinds de 5$-5$ et vous avez appelé la relance de votre adversaire. Le flop tombe 9
7
7
et le joueur ayant relancé préflop y va dune mise à 50$. Vous avez 250$ devant vous et ce joueur vous couvre. Quel serait votre jeu avec J 10 ? Quel serait votre jeu avec une paire de 9 ?
Avec J
10
, bon nombre de gens vous diront que vous devez absolument relancer. À moins que votre adversaire ait frappé une main pleine ou quatre cartes pareilles, vous ne serez jamais vraiment en difficulté avec votre tirage ventral à la suite-couleur. Comme nimporte quelle relance raisonnable vous commet au pot, vous devriez pousser votre tapis. En faisant ce jeu, vous forcez votre adversaire à prendre une décision difficile, et ce, même avec une main relativement forte. Vous pouvez au moins vous attendre à faire coucher une main comme AKo.
Largument de pousser tous ses jetons avec J
10
fait du sens et je pense même que des théoriciens du jeu serait daccord avec moi ici. Ils seraient daccord, mais à condition que lon aille aussi all-in avec des mains supérieures dans cette même situation. Regardons ce que nous devrions faire avec 9-9.
Une stratégie typique avec 99 serait de simplement appeler la mise. Il y a tellement de mains qui vont se coucher si vous relancez, donc vous avez à appeler la mise pour laisser votre adversaire frapper quelque chose. Si vous relancez, vous ratez la chance dêtre payé par des adversaires qui nont rien frappé, mais qui ferait peut-être une paire ou compléterait leur couleur sur le tournant. De plus, quiconque ayant une grosse main mettra tous ses jetons dans le pot dune façon ou dune autre, donc vous ne risquez rien en appelant simplement la mise.
Ce nest pas un mauvais argument et il est possible quun théoricien du jeu soit daccord avec celui-ci. Mais ils ne vont être daccord avec cela que si vous ne faisiez quappeler avec dautres mains plus faibles. Pour un théoricien du jeu, la question « comment devrais-je jouer cette main dans cette situation? » est secondaire à « comment devais-je jouer ma gamme de main dans cette situation? ». Et voici comment un théoricien du jeu répondrait à cette question.
Premièrement, il ferait une liste des mains avec lesquels il serait prêt à jouer un tel flop :
peut-être un tirage à la couleur (par exemple, Q
J
) et dautres mains en semi-bluff (par exemple, un JTo), des mains moyennes (comme 88), et des mains fortes comme A7s, 99, etc. Ensuite, il tenterait de trouver une stratégie générale qui lui permettrait de jouer toutes ces mains de la meilleure façon possible. Il pourrait se dire « la sagesse populaire veut que lon pousse avec les tirages et simplement appeler avec mes mains très fortes et mes mains moyennement fortes. Commençons avec cette stratégie ». Ensuite, il se placerait dans la tête de son adversaire. « Mon adversaire », se dirait-il, « va éventuellement réaliser que je pousse chaque fois que jai un tirage. Donc, je ne le ferais jamais coucher quand je suis sur un tirage. De plus, il réalisera que chaque fois que jai une grosse main, je la joue passivement et cela me coûtera quelques mises supplémentaires. Il est donc clair que je dois mélanger mon jeu en poussant également avec quelques grosses mains plutôt quavec simplement mes tirages. De cette façon, mon adversaire ne pourrait appeler la mise chaque fois profitablement, mais ne voudra pas non plus se coucher chaque fois. En fait, il aura une décision vraiment difficile et cest ce que nous voulons!
Le théoricien du jeu se demandera finalement avec quel genre de main il ne va quappeler la mise de son adversaire. Il devra garder en tête quil y a dautres rondes de mise à venir et quil ne donnera pas trop dinformation à propos de sa main lorsquil ne fait que simplement appeler le flop. Peut-être décidera-t-il de slowplayer quelques fois avec une grosse main, puisque cela rend le jeu sur le tournant plus facile. Si son adversaire mise, il pourra ainsi continuer avec ses mains fortes et jeter la majorité de ses mains moyennement fortes. Souvenez-vous que la théorie du jeu vous permet de jouer la même main dune manière différente afin de maintenir une stratégie balancée. Dans cet exemple, le théoricien du jeu pourrait décider de simplement appeler la mise la moitié du temps avec ses grosses mains et pousser all-in lautre moitié du temps.
Jespère maintenant que vous faites bien la distinction entre les questions « Comment dois-je jouer cette main? » et « Comment dois-je jouer au poker ? ». Du point de vue du théoricien du jeu, chaque main jouée affecte les mains futures. Les mains ne sont pas jouées individuellement, mais bien dans leur ensemble. Vous pouvez répondre à cela par le fait que la majorité de vos adversaires ne prêtent pas attention à ce que vous faites, que vous jouez avec ces personnes que pour une heure ou deux. Donc, en quoi la théorie du jeu pourrait être bonne, alors?
Ma réponse serait que vous ne devriez pas balancer votre stratégie contre un adversaire de bas niveau qui ne porte pas attention à la partie. Il suffit dutiliser la stratégie exploitive (voir mon introduction à la théorie du jeu), c'est-à-dire le jeu qui rapportera le plus dargent sur cette main précise, en oubliant les autres mains. Mais plusieurs joueurs portent attention. Même sils ne vous portent pas attention, ils ont probablement au moins déjà pensé sur le poker auparavant, ce qui implique quils feront quelques suppositions à propos de la façon dont vous jouez. Dans le fond, contre un joueur qui ne vous a jamais vu auparavant, quel est la première main sur laquelle il vous mettra lorsque vous pousserez all-in sur un flop 9-7-7 ? Sans autre information, la première main sur laquelle je mettrais mon adversaire est le tirage à la couleur. Ceci est pourquoi la majorité des gens ne prennent pas la peine de balancer leur jeu et je peux prendre avantage de cela contre un parfait inconnu.
Maintenant, vous pouvez voir quelques façons dont jutilise la théorie du jeu lorsque je joue au poker. Vous pouvez voir que je ne suis pas arrivé avec une « bonne » réponse à la situation dont je vous ai fait part, dans laquelle nous devons pousser all-in x% du temps et simplement appeler 100-x% du temps. Cela demanderait des mathématiques plus poussées et je veux vous présenter les idées générales avant dy inclure des chiffres. Mais si vous désirez vous attaquer au problème, allez-y. Les résultats pourraient être intéressants, de même que le processus mental qui accompagne ces résultats. Je vais tenter de vous revenir là-dessus dans une prochaine chronique.
La plupart des stratégies de poker essayent de répondre à la question « comment est-ce que je joue cette main ? ». Le théoricien, lui, se demande « comment est-ce que je joue au poker? ». La distinction entre ces deux questions peut être difficile à saisir au départ, mais cela représente deux approches très différentes. Je vais vous lillustrer avec un exemple.
Vous jouez une partie de Holdem sans limite avec des blinds de 5$-5$ et vous avez appelé la relance de votre adversaire. Le flop tombe 9
Avec J
Largument de pousser tous ses jetons avec J
Une stratégie typique avec 99 serait de simplement appeler la mise. Il y a tellement de mains qui vont se coucher si vous relancez, donc vous avez à appeler la mise pour laisser votre adversaire frapper quelque chose. Si vous relancez, vous ratez la chance dêtre payé par des adversaires qui nont rien frappé, mais qui ferait peut-être une paire ou compléterait leur couleur sur le tournant. De plus, quiconque ayant une grosse main mettra tous ses jetons dans le pot dune façon ou dune autre, donc vous ne risquez rien en appelant simplement la mise.
Ce nest pas un mauvais argument et il est possible quun théoricien du jeu soit daccord avec celui-ci. Mais ils ne vont être daccord avec cela que si vous ne faisiez quappeler avec dautres mains plus faibles. Pour un théoricien du jeu, la question « comment devrais-je jouer cette main dans cette situation? » est secondaire à « comment devais-je jouer ma gamme de main dans cette situation? ». Et voici comment un théoricien du jeu répondrait à cette question.
Premièrement, il ferait une liste des mains avec lesquels il serait prêt à jouer un tel flop :
peut-être un tirage à la couleur (par exemple, Q
Le théoricien du jeu se demandera finalement avec quel genre de main il ne va quappeler la mise de son adversaire. Il devra garder en tête quil y a dautres rondes de mise à venir et quil ne donnera pas trop dinformation à propos de sa main lorsquil ne fait que simplement appeler le flop. Peut-être décidera-t-il de slowplayer quelques fois avec une grosse main, puisque cela rend le jeu sur le tournant plus facile. Si son adversaire mise, il pourra ainsi continuer avec ses mains fortes et jeter la majorité de ses mains moyennement fortes. Souvenez-vous que la théorie du jeu vous permet de jouer la même main dune manière différente afin de maintenir une stratégie balancée. Dans cet exemple, le théoricien du jeu pourrait décider de simplement appeler la mise la moitié du temps avec ses grosses mains et pousser all-in lautre moitié du temps.
Jespère maintenant que vous faites bien la distinction entre les questions « Comment dois-je jouer cette main? » et « Comment dois-je jouer au poker ? ». Du point de vue du théoricien du jeu, chaque main jouée affecte les mains futures. Les mains ne sont pas jouées individuellement, mais bien dans leur ensemble. Vous pouvez répondre à cela par le fait que la majorité de vos adversaires ne prêtent pas attention à ce que vous faites, que vous jouez avec ces personnes que pour une heure ou deux. Donc, en quoi la théorie du jeu pourrait être bonne, alors?
Ma réponse serait que vous ne devriez pas balancer votre stratégie contre un adversaire de bas niveau qui ne porte pas attention à la partie. Il suffit dutiliser la stratégie exploitive (voir mon introduction à la théorie du jeu), c'est-à-dire le jeu qui rapportera le plus dargent sur cette main précise, en oubliant les autres mains. Mais plusieurs joueurs portent attention. Même sils ne vous portent pas attention, ils ont probablement au moins déjà pensé sur le poker auparavant, ce qui implique quils feront quelques suppositions à propos de la façon dont vous jouez. Dans le fond, contre un joueur qui ne vous a jamais vu auparavant, quel est la première main sur laquelle il vous mettra lorsque vous pousserez all-in sur un flop 9-7-7 ? Sans autre information, la première main sur laquelle je mettrais mon adversaire est le tirage à la couleur. Ceci est pourquoi la majorité des gens ne prennent pas la peine de balancer leur jeu et je peux prendre avantage de cela contre un parfait inconnu.
Maintenant, vous pouvez voir quelques façons dont jutilise la théorie du jeu lorsque je joue au poker. Vous pouvez voir que je ne suis pas arrivé avec une « bonne » réponse à la situation dont je vous ai fait part, dans laquelle nous devons pousser all-in x% du temps et simplement appeler 100-x% du temps. Cela demanderait des mathématiques plus poussées et je veux vous présenter les idées générales avant dy inclure des chiffres. Mais si vous désirez vous attaquer au problème, allez-y. Les résultats pourraient être intéressants, de même que le processus mental qui accompagne ces résultats. Je vais tenter de vous revenir là-dessus dans une prochaine chronique.
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