| Le théorème fondamental du Poker |
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par Dess66
Le poker n’est pas un jeu de cartes comme peuvent l’être le bridge ou la dame de pique. C’est un jeu de pari, basé sur des probabilités qui origine des cartes. Je dis origine car si vous « couraillez » pour frapper votre 3ème Rois pour battre un pocket AA, plutôt que de tourner une carte pour la rivière, nous pourrions tout aussi bien mettre votre nom sur 2 petits papiers, mettre celui de l’adversaire sur 42 petits papiers, mettre le tout dans un chapeau et en piger un (j’aime aussi me rapporter à l’image du chapeau pour relativiser les « bad beat » parfois). Comme il ne s’agit que d’un jeu de probabilité (comme un gros casse-tête mathématique), il existe donc une façon correcte de jouer. Dans Theory of Poker, David Sklansky trace les contours de ce casse-tête, en émettant le théorème fondamental du Poker : (traduction adaptée) « À chaque fois que tu joues différemment de la façon dont tu aurais joué si tu pouvais voir les cartes de ton adversaire, tu perds. À chaque fois que ton adversaire joue différemment de la façon dont il aurait joué s’il connaissait tes cartes, tu gagnes. » Donc pousser avec 2 rois est une erreur « mathématique » grave si l’autre a 2 AS (noter que de pousser les rois devant des AS est une erreur au sens mathématique du terme, mais en sera rarement une pratiquement), alors que de caller avec Q-2 off est un excellent jeu si l’adversaire à J-2 off. Si les cartes étaient ouvertes, les exemples ci hauts deviendraient rapidement évidents et le jeu perdrait son attrait. Le fait que les cartes soient « cachées » ne change cependant rien à la réalité du jeu, on doit encore tenter de ne pas pousser des Rois devant des AS (plus facile à dire qu’à faire) et il n’apparaît pas toujours évident de caller avec Q-2 off. Comme nous ne voyons pas les cartes de l’adversaire, il existe des façons « d’optimiser » nos chances. Certaines de ces façons nécessitent du talent et/ou de l’expérience et mérite un traitement théorique plus long et plus complexe que ce que je tente de faire ici. Il y a cependant toute une partie du jeu qui peux être « calculé ». Il est donc possible, dans cette partie à tout le moins, de faire le bon jeu (en fait il est même possible de faire le jeu optimal dans plusieurs cas). Dans les prochains textes, je traiterai de cette partie mathématique. La connaissance de ce seul domaine ne vous transformera pas automatiquement en joueur imbattable, mais pour reprendre mon image du « casse-tête mathématique » si je peux vous aider à identifier les « coins et les côtés du casse-tête », tout le reste en sera grandement simplifié ! |