| Les cotes implicites au Hold'Em sans limite |
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Par Sebastien ‘sebasdess’ Dessureault
Les cotes implicites sont d’une importance capitale lorsque l’on joue du hold’em sans limite. On dit d’ailleurs que le Hold’Em sans limite est un jeu de cote implicite. Pourtant, ces mêmes cotes sont très difficiles à calculer lorsqu’on joue du sans limite, alors qu’elles sont plutôt simples à calculer au hold’em limite. D’abord, que veut dire ce concept et comment l’applique t’on? C’est à la fois simple, et à la fois compliqué. Prenons un petit exemple : vous avez position sur votre adversaire et avez entre les mains un beau 7 de carreau et un 8 de carreau. Vous êtes contre un seul adversaire, et vous êtes rendu sur le tournant. Le tableau est 4 D’abord, il est clair que vous ne remettrez aucun argent dans ce pot si vous ne frappez pas votre tirage. Vous savez que vous êtes battu, et vous coucherez votre main face à une mise. Par contre, si vous frappez votre tirage, vous allez peut-être relancer votre adversaire s’il mise ou vous allez vous-même miser. Comme vous ne prévoyez mettre aucune mise supplémentaire dans le pot si vous ne frappez pas votre tirage, mais que vous avez l’intention de gagner des mises supplémentaires si votre tirage frappe, la taille du pot si vous gagnez risque d’être (beaucoup) plus élevée que sa taille actuelle. Cette estimation que vous ajoutez à la taille du pot fait partie de vos cotes implicites. Autrement dit, les cotes implicites sont le montant que vous avez à mettre en jeu afin de gagner un montant total estimé. On calcule les cotes implicites de la même façon que les cotes du pot… mais en ajoutant cette estimation. Ça semble compliqué? Ça l’est! Faisons un peu de concret et mettons des chiffres plus précis à notre exemple ci-haut. Votre adversaire a devant lui 40$ et vous le couvrez. Votre adversaire n’est pas mauvais, mais n’est pas un excellent adversaire non plus. Il mise 4$ dans un pot de 10$. Vous appelez la mise. Vous frappez votre tirage, il check, vous misez 9$ dans un pot qui en contient 18$... et il appelle votre mise avec AJo. Le fait d’appeler son 4$ au tournant vous a donc fait gagner 23$ (10+4+9). Vous n’aviez donc pas des cotes du pot de 1 : 3.5 (4 :14), mais bien de près de 1 :6 (4 :23)… ce qui vous permettait d’appeler son 4$ sans problème! Comment fait-on, alors, pour calculer ses cotes implicites? Malheureusement, c’est impossible de le faire avant la fin de la main. Les cotes implicites ne se calculent pas, mais s’estiment! On doit faire une estimation, et non pas un calcul précis avec des chiffres précis. Ce qui distinguera un bon joueur de hold’em sans limite et un mauvais joueur de hold’em sans limite, c’est souvent cette capacité à faire une estimation près de la réalité. Un des défauts de bien des joueurs qui apprennent ce concept, c’est d’estimer leurs cotes implicites avec un peu trop d’entrain. Ils croient être en mesure de vider à tout coup les poches de l’adversaire s’ils frappent leur tirage imprévisible. Ainsi, ces joueurs appellent des mises beaucoup trop grandes et n’arrivent pas à se faire payer assez pour que ce jeu ait une espérance mathématique positive. Ou, au contraire, ces mêmes joueurs misent beaucoup trop agressivement sur la rivière et offrent à leurs adversaires d’énormes cotes implicites, ce qu’on appelle les « cotes implicites inversées », et ne comprennent pas pourquoi ils n’arrivent pas à gagner. Il faut donc savoir être raisonnable dans votre estimation et ne pas se laisser aller dans un élan d’optimisme. Divers facteurs viennent augmenter/diminuer vos cotes implicites. Par exemple, pour en nommer quelques-uns :
Cela dit, vous ne connaissez pas la main de votre adversaire, ni sa propre lecture sur votre propre main. Donc, comment quantifier ces facteurs?
D’abord, enlevez-vous de la tête les « si je frappe, je le vide ». Vous ne le viderez pas 100% du temps, et donc, vaut mieux y aller d’une estimation raisonnable. Pour se faire, déterminer le montant pour que ce soit une situation neutre (break-even). Afin de calculer cela, vous devez savoir les cotes de frappez votre main. Dans notre exemple, nous avions du 1 :4. Multipliez alors la taille de la mise par les chances de ne pas frapper. Dans notre exemple, nous devons donc multiplier 4$ par 4, ce qui nous donne 16$. Soustrayez de ce montant la somme du pot et de la mise de votre adversaire (ici, 10$+4). Vous avez ainsi le montant total que vous devez aller chercher sur la rivière pour que cette situation soit une espérance mathématique positive.
Donc, le petit calcul rapide devrait être : Argent à aller chercher pour que ce soit une espérance mathématique neutre = (taille de la mise x chances contre vous de frapper) - (pot actuel + mise de votre adversaire) Maintenant, comment appliquer ça lorsque vous êtes en pleine action? Voici quelques exemples et le raisonnement que je fais lorsque je suis sur la table. Afin de simplifier le tout, considérons que vous êtes sur le tournant, et que vous fermez l’action. a) Vous avez 9 outs (flush draw) 9 outs sur le tournant, c’est 9 : 37… donc, vous avez des cotes de 1 : 4.1 b) Vous avez 9 outs (flush daw) Reprenons le même raisonnement, sauf que cette fois, le pot contient 5$ et votre adversaire mise 5$. Vous devez encore une fois gagner 20.50$ pour rentabiliser le fait d’appeler la mise. Ici, vous devez aller chercher 10.50$ de plus sur la rivière pour rentabiliser le tout (20.50 – (5$+5$)). Afin de voir si c’est raisonnable, vous devez savoir que le pot aura 15$ (5$ + 5$ + 5$), et que vous devrez aller chercher 10.50$. Cela peut être raisonnable selon certains types d’adversaire, si vous savez à ce moment précis que votre adversaire est fort et si vous avez position… mais la plupart du temps, vous devriez coucher cette main. c) Vous avez 4 outs (gutshot) : 4 outs sur le tournant, c’est 4 : 42 … Donc, du 1 : 10.5 (environ 1 : 11). Je dois donc gagner un pot qui vaut 11 fois la taille de la mise pour que ce soit rentable. Si mon adversaire mise 5$, je dois donc m’attendre à gagner 55$ pour que ce soit rentable. Si le pot contient 25$, je dois donc amasser 30$ de plus chez mon adversaire pour donner à ce jeu une espérance mathématique positive. Ici, une fois que vous appelez la mise, le pot aura 35$ et vous aurez 30$ à aller chercher. La plupart du temps, vous n’y arriverez pas et devriez coucher votre main; selon votre lecture de l’adversaire, cela peut être possible d’aller chercher 30$ dans un pot de 35$… mais je crois qu’il s’agit d’une attente vraiment trop optimiste. d) Vous avez 4 outs et jouez contre un parfait imbécile. On reprend le même raisonnement que l’exemple précédant, mais cette fois, votre adversaire est un parfait idiot. Il mise souvent très peu avec ses bonnes mains, et il mise ici 5$ dans ce même pot de 25$. Vous l’avez vu faire ce jeu auparavant, et vous savez qu’il est très fort : il a un triple ou deux paires. Vous savez également que vous adversaire ne sera jamais en mesure de coucher cette main, et qu’il risque même de vous relancer, et peut facilement se retrouver all-in. Donc, ici, si votre adversaire a plus de 30$ derrière lui, vous pouvez raisonnablement vous attendre à gagner son tapis. Vous aurez donc les cotes implicites pour courir votre gutshot. L’idée, avec les cotes implicites, c’est :
Les cotes implicites sont souvent une raison que les mauvais joueurs utilisent pour rationaliser leurs mauvais calls. Vous verrez souvent des adversaires appeler une mise énorme, pour finalement simplement extraire une petite mise sur la rivière. À long terme, ce sera là un jeu perdant! Ne soyez pas l’un de ces joueurs. Apprenez à bien estimer vos cotes implicites, et vous deviendrez un joueur de poker sans limite redoutable! Apprenez également à prendre conscience des cotes implicites que vous offrez lorsque vous misez. On appelle ce concept les « cotes implicites inversées », et j’en ferais d’ailleurs le sujet d’un prochain article! Des questions ou des commentaires sur cet article? Cliquez ici. |