| Maman, je suis un joueur de poker professionnel |
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Ça ne m'a pas pris beaucoup de temps avant de réaliser que le poker était quelque chose que j'aimais et avec quoi je pourrais gagner ma vie. Mais d'expliquer cela à ma mère et à ma famille a été une autre histoire. Vous savez, ma mère a toujours pensé que je deviendrais un acteur, un avocat, ou que j'exercerais tout autre métier « respectable ». Jamais, même dans ses rêves les plus fous, elle avait imaginé que son plus jeune fils deviendrait un bum gambler. Évidemment, j'ai essayé de lui expliquer que je n'étais pas un gambler. Mais comme ma mère ne jouait pas au poker, il était difficile de lui expliquer la différence entre le gambling et le poker. Tout ce qu'elle savait, c'est que je pouvais tout perdre. Évidemment, TOUT, était 1,300$ à l'époque, que j'avais gagnés en jouant au poker. J'ai vraiment tout essayé. Je lui ai même montré mon carnet de statistiques sur le poker. Et laissez-moi vous dire que ce n'était pas un cahier ordinaire. Je notais l'endroit où je jouais, mon taux horaire, le type de partie, mes observations quotidiennes et ainsi de suite. Lundi après 18h00, j'avais joué une session de plus de 6 heures. Non seulement je pouvais vous dire comment j'avais joué, mais aussi le mood dans lequel je me sentais lors de cette journée. Je sais que ça peut sembler vraiment obsessif. Le but de tout cela était de montrer à ma mère que je prenais le poker au sérieux. Je voulais lui montrer que je ne deviendrais pas un bum et que je traitais le poker comme une science. Tout cela lui rentrait par une oreille et lui sortait par l'autre. Elle me disait : « Je m'en fiche de tout ça, tu vas aller à l'école! ». C'était quand même une réponse raisonnable. Éventuellement, elle est venue qu'à tolérer l'idée que je pouvais jouer au poker pour vivre, mais ce n'était pas son premier choix pour moi. Chaque fois que je perdais de l'argent, cela la détruisait. Elle voulait que je retourne à ma vie « normale », mais j'étais vraiment déterminé à jouer au poker. Je n'aimais pas que ma mère ait à endurer les mêmes émotions que moi. De mon côté, je pouvais endurer les swings émotifs, mais elle, elle ne pouvait pas. Chaque nuit quand je revenais à la maison, sa première question était: « comment as-tu joué »? Longtemps je lui ai dit la vérité. Si je perdais 1000$, je lui disais, si je gagnais 1500$, je lui disais aussi. Mais ensuite, ça ne pouvait plus marcher. Quand je gagnais, tout était correct et elle était heureuse et dans un bon mood. Mais quand je perdais, non seulement j'avais à dealer avec le fait d'avoir perdu, mais en plus, je devais dealer avec ma mère qui devenait automatiquement dépressive, ce qui me rendait dépressif. Donc, j'ai trouvé une solution au problème. Plus jamais ma mère n'aurait à subir les up et les down d'un joueur de poker professionnel. À partir de cette journée, je gagnais tous les jours ! Pour être exact, presque chaque jour. Lorsqu'elle me posait cette même bonne vieille question, j'avais une nouvelle histoire pour elle avec de nouveaux gains. Si je gagnais 1000$, je lui disais 200$. Ainsi, elle restait heureuse, sans pour autant trop s'emballer. Si je perdais 1000$, je lui disais que j'étais even ou que j'avais seulement gagné 60$ ou quelque chose du genre. Donc, si je gagnais 1200$ une journée et perdais 800$ l'autre, tout ce qu'elle devait savoir c'est que j'avais gagné 200$ chaque jour. Après tout, les montants restaient les mêmes, mais sans la fluctuation qui fait peur! Évidemment, elle ne m'aurait pas cru si je ne perdais jamais, ainsi donc, une fois par-ci par-là, je lui disais que j'avais eu une journée horriblement malchanceuse et que j'avais perdu 500$. Il n'y a pas de méthode facile pour annoncer à votre famille que vous avez décidé de jouer au poker pour gagner votre vie, mais il y a certaines choses que vous pouvez faire pour présenter le poker sous un beau jour. Vous ne pouvez pas vous tromper avec les World Series of Poker vidéos ou quelque chose de similaire. De cette manière, le poker aura l'air un peu plus d'un sport que d'un jeu de casino aux côtés du blackjack et du crap. Tout ce que vous pourrez faire pour séparer le poker des tables de gambling dans leur tête, sera une bonne chose. Dépendamment d'où vous jouez et du type de partie que vous jouez, laissez-les venir vous voir à l'oeuvre. Ma copine ne croyait pas que j'étais un bon joueur de poker jusqu'à ce qu'elle me voit jouer à la table finale du World Poker Challenge à Rino ! On était ensemble depuis 4 mois et c'était la première fois qu'elle s'intéressait à ma carrière de joueur de poker. Peu importe où vous jouez, laissez vos proches voir le côté moins sombre du poker en les invitant à vos parties. Emmenez-les dans une partie amicale dans laquelle vous jouez. Évitez les parties où les gens sont du genre à engueuler le dealer. Présentez-leur d'autres bons joueurs de poker gagnants. Montrez-leur que de jouer au poker pour gagner sa vie n'a rien d'extraterrestre, que c'est simplement un peu marginal. Actuellement, ma mère est finalement très fière de ma carrière de joueur de poker. Je suis certain que la raison principale est que ma carrière va bien. Sans quoi ça serait sûrement une autre histoire. Ne poussez pas votre famille à accepter votre choix. Vous êtes un joueur de poker et ça fait du sens pour vous, mais qu'en serait-il si j'essayais de vous expliquer la physique quantique? Ça vous prendrait sûrement beaucoup de temps avant de comprendre, pas vrai? Donnez à votre famille et à vos proches du temps afin qu'ils puissent respecter ce que vous faites. De plus en plus le poker sort du mainstream et se fait accepter dans la société. J'espère que les générations futures n'auront pas le même problème que j'ai eu. Pour l'instant, faites ce que vous avez à faire. Montrez votre face joyeuse de poker et laissez de côté le négatif. |