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La plupart des débutants, spécialement ceux qui commencent au Hold’Em sans limite, se fixent comme plan de jouer super-tight, d’attendre patiemment leurs premiums et de seulement miser quand ils ont le meilleur jeu. La motivation de ce plan est claire, spécialement dans les eaux turbulentes du poker sans limite où votre tapis peut être perdu en un instant. Le débutant veut ainsi simplement mettre ses jetons dans des situations où il est extrêmement confiant de gagner. Le désavantage de ce plan apparaît clairement et très rapidement : si vous misez seulement avec les meilleures mains, votre adversaire usant moindrement de discernement ne vous donnera tout simplement aucune action, excepté quand il aura lui aussi une main très forte. Tôt ou tard, vous allez donc devoir utiliser une tactique très utile : le bluff.
Quoique la simple pensée de bluffer rende plusieurs joueurs nerveux, c’est également le seul antidote permettant de rendre vos adversaires trop confortables. Naturellement, nous redoutons le bluff puisque nous avons peur de nous y faire prendre (quoique, comme nous en discuterons, ce ne soit pas la pire chose au monde). Plusieurs d’entre nous sentons également que nous ne pouvons sortir un bluff : nous croyons que nous sommes si transparents que nos adversaires vont immédiatement sentir que nous sommes sur un pur vol.
Heureusement, le bluff est une affaire très nuancée : il y a différentes formes de bluffs disponibles, et au cours de cet article, nous tenterons de voir quel type de bluff s’accorde avec votre style, peu importe à quel point vous devenez nerveux. Soyez avisé que pour améliorer votre jeu et avoir un peu plus de poids en tant que joueur – surtout en tournoi – vous devez apprendre à bluffer, que cela vous rende nerveux ou pas!
Le bluff est l’un des coups les plus sublimes : quand il fonctionne, vous vous sentez comme Robin des Bois, qui vole aux riches pour redonner… euh… à vous-même! Quand un bluff fonctionne, vous ressentez l’une des plus fortes émotions au poker : vous avez le goût de vous lever et de faire votre petite danse de la victoire, tout en criant : « Regardez ce que je viens de faire! Regardez!!! Je viens de voler tous ces jetons!!! ». Bien sur, le bluff ne devrait pas être basé sur ces émotions, mais plutôt sur le résultat : le pot gagné/volé aurait autrement été perdu. Par contre, le fait est que le bluff est une sensation intense, donc examinons comment pouvoir ajouter cette arme à votre arsenal.
La première chose à considérer quand vous planifiez un bluff est votre image à la table. Etes-vous perçu comme tight? Loose? Fort? Ou comme simplement un habituel bluffeur? Les sortes de bluff que vous pouvez employer avec succès sont entièrement dépendantes de cette image.
NOM DU BLUFF: UNE ÂME PURE ET TIGHT
VOTRE IMAGE: Vous avez une image tight. Vos adversaires vous ont si rarement vu appeler/relancer qu’ils croient que vous savez ce qu’est une main de qualité (et vous le savez!) et que vous n’allez jamais être impliqué dans une main sans au moins un « petit quelque chose ».
VOTRE CIBLE : Vous voulez faire un tel bluff contre un adversaire qui sait que vous êtes tight, et qui a l’habitude vous chasser du pot avec la deuxième meilleure main alors que vous détenez vous-même une telle main.
LA SITUATION: Alors que vous auriez normalement appelé/relancé seulement avec une grosse paire ou deux fortes cartes, ne faites qu’appeler la relance d’un adversaire plutôt agressif, et ce, peu importe quelles cartes vous avez entre les mains. Idéalement, vous désirez avoir simplement un seul adversaire et vous désirez avoir position sur lui. Souvenez-vous qu’il vous voit comme tight, donc quand vous appelez sa mise, il se dira que vous avez une main fort raisonnable, du type AJ ou KQs.
LE BLUFF : Vous aurez besoin d’un flop favorable pour ceci, c’est-à-dire un flop qui contient au moins un as ou un roi, voire même les deux. Si vous adversaire passe, misez. S’il mise, relancez. Il conclura vraisemblablement qu’il devra se coucher, étant donné qu’il vous voit comme tight et que, puisque vous avez appelé sa mise préflop, il croira que vous avez une main raisonnablement forte.
LA NUANCE : Ajustez la taille de votre mise/relance de façon a faire croire que vous faites une mise « suckout », c’est-à-dire une petite mise/relance destinée à garder votre adversaire dans la main. Dans ces circonstances, une petite mise a de meilleures chances de cadrer avec votre image et de convaincre votre adversaire que vous avez frappé votre main. De plus, s’il s’avère que votre adversaire a bel et bien une bonne main et qu’il vous relance fortement, vous pouvez lâcher votre bluff sans y avoir trop investi.
QUOI FAIRE ENSUITE : Retournez dans votre tanière. Attendez votre main de qualité supérieure, ou attendez simplement qu’assez de mains passent pour que votre image tight reprenne le dessus, puis allez-y avec un autre vol.
MISE EN GARDE : Le bluff ne sera pas bon si vous n’avez pas le courage de le faire! Une fois que vous avez mis la table pour un bluff avec une mise/relance, vous devez appuyer sur la détente. Autrement, vous ne faites que perdre vos jetons.
NOM DU BLUFF : UNE MAIN DE LOOSE SUR FLOP DE LOOSE.
VOTRE IMAGE: Vous avez une image plutôt loose. Si vous êtes le genre de joueur qui est impliqué dans beaucoup de mains, vos adversaires ne vous donneront pas crédit d’une grosse main lorsque vous entrerez dans le pot. C’est une bonne chose : leur propre perception de votre jeu loose les amènera à se coucher.
VOTRE CIBLE : Utilisez ce bluff contre vos adversaires prévisibles, c’est-à-dire le genre de joueur qui mise/relance avec ses grosses mains, mais se couche/passe quand il n’a rien frappé. C’est habituellement le genre de joueur qui en connaît assez sur le poker pour jouer les bonnes mains, mais qui ne joue pas ses mains de la bonne façon.
LA SITUATION : Puisque vous êtes le genre de joueur qui peut avoir pratiquement n’importe quelle main étrange, vous devez d’abord planifier votre bluff en misant ou en appelant une relance de la part d’un joueur prévisible. À ce moment, vous vous doutez assez bien de sa main : une grosse paire ou deux cartes de hautes valeurs. Il a certainement le dessus sur vous avant le flop, mais cela importe peu puisque seulement un bon flop aidera sa main : mais une vaste majorité de mauvais flop aidera la vôtre.
LE BLUFF : Comme tout bluff qui dépend du flop, celui-ci ne va fonctionner que si les cartes coopèrent. Si le flop contient plusieurs hautes cartes, vous devez oublier votre main puisque votre adversaire ne croira jamais que votre main a frappé le flop, et vous savez que le flop l’a nécessairement aidé. Mais supposons que le flop est 9-8-7? Votre adversaire sait pertinemment que vous pouvez avoir une main du type 9-7 ou 9-8, donc lorsque vous misez, comment pourra-t-il rester dans la main? Si tout ce qu’il a est deux surcartes, il devra se coucher. Et s’il s’avère qu’il a une surpaire entre les mains, il aura peur que vous puissiez avoir un tirage à la suite, donc n’importe quel 10 ou 6 devrait le faire sortir de la main. Votre adversaire risque alors de fuir, espérant vous avoir dans le détour dans une meilleure occasion…
LA NUANCE : Votre meilleur ami ici est un flop coordonné avec des cartes mediums… mais pas trop coordonné. Vous êtes mieux de, par exemple, miser dans un flop ayant deux cartes assorties que trois, puisqu’un flop avec trois cartes assorties pourrait faire en sorte que votre adversaire persiste dans la main avec rien d’autre qu’une simple surcarte lui donnant un tirage à la couleur. Recherchez les flops qui n’aident pas du tout une bonne main, mais qui pourrait avoir aidé le genre de cartes merdiques que vous êtes réputé de jouer.
QUOI FAIRE ENSUITE : Poursuivez votre route. Si vous pouvez de façon fiable mettre votre adversaire sur une grosse main mais qu’il ne peut vous mettre raisonnablement sur absolument rien, votre adversaire ne fera que vous implorer pour que vous lui donniez votre argent. Ne les laissez pas vous piéger : au premier signe de résistance, pliez bagages et attendez pour une meilleure occasion.
MISE EN GARDE : Faites attention aux flops qui peuvent avoir frappé certaines mains ordinaires. Un flop comme T-6-3 ou J-7-8 peut facilement devenir un gros trouble lors de votre tentative de bluff, puisque votre adversaire peut facilement avoir appelé/relancé avec ATs, un JQs, etc. Puisqu’ils savent que vous êtes un bluffeur, ils risquent d’appeler vos mises et de vous battre avec la meilleure main.
NOM DU BLUFF: LA STAR ET L’ORPHELIN
VOTRE IMAGE: Vous êtes en contrôle de la partie. Pour une raison quelconque – des mises judicieuses, une intelligence innée, ou simplement un look d’enfer – vous êtes devenu la star de la soirée. De par votre position de puissance, vous pouvez réclamer des pots que les autres abandonneront sans trop de résistance.
VOTRE CIBLE : Le joueur effrayé. Les joueurs contre lesquels vous avez déjà connu du succès au cours d’une main précédente. Peut-être avez-vous simplement montré la meilleure main lors du dévoilement, ou peut-être les avez-vous chassé du pot grâce à une bonne relance. Quoiqu’il en soit, ils ne veulent pas aller à la guerre contre vous.
LA SITUATION : Comme vous avez prouvé votre propension à miser agressivement et vous savez quand et comment utiliser la puissance de votre tapis, la plupart de vos adversaires voudront éviter les confrontations avec vous. Une personne ayant beaucoup de jetons lors d’un tournoi se trouvera souvent dans le siège du patron!
LE BLUFF : Il y a certains flops où vous saurez que personne n’aura amélioré sa main. Un flop comme 7-7-2 de sorte dépareillée aura difficilement aidé quelqu’un (qui joue ces cartes préflop?) et il est pratiquement impossible d’avoir un tirage quelconque. Sans aucune suite, aucune couleur, et aucune carte de haute valeur, c’est le genre de flop qui peut être appelé un « flop orphelin » : il ne cherche qu’à être adopté! Allez-y et soyez son sauveur! Même si vos adversaires ne vous donnent pas crédit d’une vraie main, ils vous donneront crédit de votre courage d’avoir misé et ce sera une pression suffisante qui sera assez pour les empêcher de risquer quoique ce soit.
LA NUANCE : Il n’est pas impossible, bien sûr, qu’un de vos adversaires ait frappé sur un flop orphelin. Si vous rencontrez un adversaire qui n’hésite pas à appeler votre mise, fermez les valves de votre tapis et laissez vos jetons à cet endroit. La dernière chose que vous désirez faire est de bluffer votre tapis contre une main déjà faite.
QUOI FAIRE ENSUITE : Gardez vos yeux ouverts pour une autre « flopportunité » de la sorte. Spécialement dans une partie de Hold’Em sans limite faible, timide et avec un buy-in peu élevé, le pot va souvent à la première personne qui le réclame.
MISE EN GARDE : Un joueur averti va rapidement comprendre ce que vous désirez faire. Si quelqu’un vous check-raise sur un tel flop, le mieux est souvent de se rendre, de prendre une note sur ce joueur qui vient de faire un tel jeu de qualité et d’essayer de ne pas être trop impliqué contre ce joueur.
NOM DU BLUFF: LE VOLEUR RÉCIDIVISTE
VOTRE IMAGE: Vous vous êtes fait prendre à bluffer récemment. Maintenant que vous avez repris vos couleurs originelles suite à votre embarras, vous vous tournez maintenant vers la question saillante à savoir comment utiliser cette image contre vos adversaires.
VOTRE CIBLE : Les joueurs fiers, arrogants, conduits par leur ego et qui ont récemment vécu la satisfaction de vous attraper la main dans le sac! Ils veulent vous y reprendre encore, car des petits voleurs comme vous avez besoin de vous faire remettre à votre place…
LA SITUATION : Vous vous êtes fait prendre à bluffer. On dirait que c’est la fin du monde… mais ce n’est pas le cas! C’est plutôt simplement la fin de votre ancienne image (tight mais plein de bon sens) et le début de votre nouvelle image : humilié par la défaite et capable de n’importe quelle excentricité.
LE BLUFF : Si vous êtes assez chanceux pour recevoir une vraie bonne main rapidement après vous être fait prendre à voler un pot, vous aurez l’opportunité d’essayer ce qui paraîtra comme si vous étiez dans un moment de tilt. Vos adversaires ne vous donneront pas crédit pour de bonnes cartes. Ils vont assumer que vous avez été affecté par vos insuccès récents et que vous tentez maintenant d’exorciser votre souffrance mentale en poussant une autre main trop loin et trop rapidement. Dans ces moments-là, vous êtes justement en train de bluffer sur le fait que vous n’avez pas une main. Ça s’appelle « bluffer avec le meilleur jeu » , and c’est l’accomplissement d’un voeu pieux.
LA NUANCE: Vos adversaires savent que vous venez de vous faire prendre et ils peuvent soupçonner que vous êtes sur le tilt. Vous pouvez renforcer ce soupçon en faisant quelques sons de quelqu’un sur le tilt. Encore là, certains adversaires ne s’attendront pas à ce que vous refassiez un autre bluff tout de suite après, car ils savent que vous savez que votre bluff risque d’être appelé. Quand vous misez, certains vous donneront ainsi crédit d’une vraie main, et vont se coucher. Mais ils sont condamnés s’ils vous laissent retrouver vos habitudes de voleur si tôt et sans offrir de résistance ; ils vont utiliser votre comportement de joueur sur le tilt pour justifier leur mauvais call et ils risquent de vous payer. Rappelez-vous : ce sont des joueurs qui sont conduits par leur ego et leur ego les entraînera à des endroits que leur portefeuille ne doit pas aller!
QUOI FAIRE ENSUITE : Calmez-vous! Les circonstances ont fait en sorte que vous avez pu voler des jetons en passant pour un maniaque. Vous avez été chanceux d’avoir une vraie main au moment où vous en aviez besoin, mais ne poussez pas votre chance trop loin. Laissez les cartes et les gens autour de la table déterminer votre image.
MISE EN GARDE : Faites attention de ne pas pousser trop loin. Si vous croyez que vous feintez le tilt, mais que vous êtes en réalité vraiment sur le tilt, vous tenterez de pousser des mains de moins bonne qualité comme s’il s’agissait de mains très fortes et vous finirez par y perdre tous vos jetons. Dans toutes circonstances, sachez votre état esprit et ne laissez pas les émotions gouverner – ou ruiner – votre partie.
Dans toutes circonstances, souvenez-vous que tous les bluffs réussis commencent par votre image!
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